Le Temple chinois dédié à KANTI

Le Temple KANTI de Mamao

Temple KANTI vue de face

SITUATION

      Sur la route de ceinture qui mène vers la côte Est (direction Mahina), presque en face de l’ancien
hôpital de Mamao.

ARCHITECTURE

      Orientale classique avec un toit en pagode fait de tuiles en céramique, supporté par des colonnes. Les
plans ont été dessinés par un architecte de Taiwan. M.LIAW. Les matériaux de décoration et d’ornement proviennent également de Taiwan, tandis que les deux lions en bas de l’entrée sont un don de la République Populaire de Chine. Conformément à la géomancie traditionnelle du Feng Shui (vent et eau), le temple est orienté vers le Sud avec son assise au Nord.

CONSTRUCTION       

     Temple KANTI vue extérieureLe temple est construit sur un terrain appartenant à l’association de bienfaisance SI NI TONG, avec un
financement sur des fonds propres de l’association et des contributions financières de la communauté chinoise de Polynésie Française, notamment des associations culturelles, et l’aide du gouvernement du Territoire. La liste des donateurs se trouve sur une plaque en marbre accrochée au mur gauche du temple. Le premier coup de pioche a été donné le 13 avril 1985, et l’inauguration eut lieu avec faste le 30 mai 1987, sous la présidence de Michel LAW en présence des plus hautes autorités du Territoire.

HISTORIQUE

      Ce nouveau temple couronne les efforts de SI NI TONG et de toute la communauté chinoise pour remplacer le vieux temple en bois construit sur le même site et détruit par un incendie le 20 mai 1981. Les historiens locaux situent la construction du vieux temple autour de 1860, bien avant l’arrivée des premiers coolies de la plantation d’ATIMAONO, (1865).

KANTI

– L’entrée du temple est gardée par deux dragons, animaux typiques de la mythologie chinoise. Le dragon appartient à la famille des immortels. Il est le symbole du principe mâle (yang), le phénix étant le symbole du principe femme (yin).

– Dans la salle du temple proprement dite, au mur du fond et en son milieu trône la statue de KANTI, avec à sa gauche la statue de son fils adoptif qui est en même temps son adjoint, et à sa droite, son écuyer porte arme

– KANTI ou GUAN GONG est un personnage clé de l’histoire de la Chine qui vécut entre 162 et 219, à l’époque où la Chine était divisée en TROIS ROYAUMES. Célèbre par son courage, sa loyauté et son patriotisme, il est également renommé pour ses qualités de bonté et de générosité envers les pauvres notamment. Il a été divinisé en tant que Dieu de la guerre et des arts martiaux.

 – la fresque du milieu représente le « Serment du Jardin des Pêchers » où GUANG GONG, LIOU PEI et TCHANG FEI, amis inséparables, prêtèrent serment de fraternité jusqu’à la mort.

 – Le temple est la représentation d’un bâtiment administratif officiel où siège le fonctionnaire, car le « dieu » est un bureaucrate. Devant sa statue, se trouve son « bureau », où sont déposées les offrandes. Il y a en outre 5 objets rituels : un brûloir d’encens flanqué de chaque côté d’un vase et d’un candélabre ou à défaut d’un brûloir à bougies.

AUTEL

– Dans les quatre coins du temple, des autels secondaires sont dédiés à d’autres déités.

      Autel KANTI A droite de l’autel de KANTI, l’autel de TCHONG TEN SOU, maître taoïste chargé de chasser les mauvais esprits et d’améliorer le Feng shui.

      Au fond à droite, l’autel de CHIM SOO KUNG, coolie chinois de la plantation d’ATIMAONO, emprisonné à la suite de bagarres meurtrières entre les travailleurs. CHIM SOO, matricule 471, s’était déclaré coupable aux autorités, pour éviter un châtiment collectif à ses compatriotes. Il fut guillotiné en 1869, et la communauté chinoise en fit un martyr. Son mausolée se trouve au cimetière chinois d’Arue.

      A gauche, trône l’impératrice MATSU GNIONG GNIONG déesse de la mer, protectrice des pêcheurs, et qui éloigne les catastrophes naturelles.

      Au fond, à gauche, l’autel des cent familles, présumées originelles de toute la population chinoise en Chine.

      A droite de la porte d’entrée, l’autel de GUAN YIN, ou déesse de la miséricorde, une divinité du panthéon bouddhiste.

      Sur gauche se trouve l’autel des esprits de la terre où repose le temple (Ti tzu ya)

      A l’entrée du temple, siège l’autel du couple des divinités de la fertilité (Tuti Kung et Tuti po).

RELIGION

      Le concept de religion étant une notion plutôt occidentale, il y a cependant dans la culture chinoise, certains aspects qu’on pourrait qualifier de religieux, (culte des ancêtres, culte des esprits, croyances animistes…). La religion chinoise est en fait un mélange syncrétique de confucianisme, taoïsme, et bouddhisme, trois courants de pensée à caractère philosophique plutôt que déiste.

CULTE

      L’objet du culte chez les chinois était de s’assurer la protection surnaturelle au moyen de cadeaux. Pour cela, il fallait «  solliciter » le dieu par des offrandes de toutes sortes (bâtonnets d’encens, nourriture, papier-monnaie…) pour obtenir des faveurs en retour.

RITUEL

      Avant les offrandes, la communication doit être établie avec l’au-delà. Avec le gong et le tambour, on annonce qu’on est là pour demander audience à KANTI. Pour s’assurer de sa présence, on jette des croissants servent à interroger KANTI qui donne une réponse selon la position des croissants = 2 faces bombées = non 2 faces opposées = oui 2 faces plates = incertitude

ORACLE

      Quand le destin de l’homme échappe à son libre arbitre, souvent il s’adresse à une puissance extérieure pour connaître le cours futur des événements et influer sur lui, d’où l’utilité de l’oracle pour mieux maîtriser sa destinée. Pour obtenir un oracle, il faut secouer une boîte contenant 100 bâtonnets de bois où est inscrit un numéro.

Quand une baguette de bois tombe de la boîte, il faut l’apporter au gardien du temple qui donne en échange l’oracle correspondant au numéro de la baguette. C’est en langage souvent sibyllin la réponse de l’au-delà. Les 100 numéros représentent 100 cas de situations humaines anciennes dont l’évolution peut être mise en parallèle avec des situations actuelles. (NB : le YIKING n’en comporte que 64). Le temple chinois est fréquenté tout l’année, mais plus particulièrement avant le nouvel an chinois pour remercier KANTI pour les faveurs de l’année écoulée, et pendant la période du jour de l’an chinois en vue de renouveler les protections et de connaître l’avenir pour l’année nouvelle.

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EN GUISE DE CONCLUSION

« Dans le jardin ombragé du temple KANTI, le passé est présent comme le futur. Ici se trouve le lieu de rencontre des Chinois avec leurs traditions millénaires; le retour aux sources ancestrales. Bien qu’on ne puisse nier dans les aspecte rituels un fond de superstition, il faut voir le temple dans sa dimension infinie, comme un lieu de méditation morale où l’homme dépasse sa condition et fait face à son destin pour se mettre à l’écoute de l’éternité. L’éternité dont le poète dit que les chemins passent par la vérité, la beauté, et la vertu, toutes choses qu’on ne peut découvrir que par soi-même et dont, peut-être dépend finalement le salut de l’âme »

PROVERBE CHINOIS :

Ce à quoi on croit existe et ce à quoi on ne croit pas, n’existe pas.

CONTRIBUTION

Pimpaneau (Ed.Picquier), Tao Tao Liu Sanders (Ed. Nathan), J.C. Cooper (Ed. Dangles), René SHAN – Rose JONC, Texte Jimmy LY Pour l’association WEN FA, Complété par Richard CHENOUX, Éliane LECHENE (membre du SI NI TONG)

(Février 2008)

Un article sur l’ancien temple chinois