Nouvelle immigration chinoise au Pérou

Après leur indépendance acquise à la force des armes , les pays d’Amérique latine mirent longtemps avant de se construire en tant qu’États-nations tant pour des raisons politiques, qu’économiques et démographiques. Alors qu’au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, ces jeunes républiques commençaient à se moderniser, deux problèmes se posèrent : d’une part celui de la perte de la main-d’œuvre d’origine africaine résultant de l’abolition de l’esclavage et d’autre part, celui de la rareté de populations de souche européenne capable de reprendre en main l’agriculture du pays et de coloniser de nouveaux espaces. Au Pérou, plusieurs lois furent émises entre 1831 et 1845 afin d’encourager, sans grand succès, une immigration européenne et catholique de préférence. C’est en 1849 que, profitant des mesures favorables destinées à l’origine à l’introduction de colons européens, cette loi fut détournée par l’ancien président péruvien et hacendado Domingo Elias qui, en réponse à l’attente des grands propriétaires terriens, introduisit au Pérou non pas des Européens mais les premiers coolies chinois. Cette loi comme les précédentes permit d’abord l’entrée en nombre peu important, quelques centaines, d’immigrants irlandais en 1851, allemands en 1857, espagnols en 1860, polynésiens entre 1862 et 1863, puis à partir de 1866 d’Italiens, de Suisses et de Français. On estime que plus de 100 000 coolies chinois furent introduits entre 1849 et 1874. Par la suite, le Pérou, toujours demandeur de main-d’œuvre fit venir plus de 30 000 colons japonais entre 1898 et 1924 ainsi qu’un bon nombre de Polonais en 1928, destinés à servir l’agriculture péruvienne. Jusqu’en 1930 le Pérou a donc été un pays d’immigration. Par la suite il s’est refermé, hormis juste après la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’il accueillit des Italiens chassés de Lybie, des Hongrois et des Yougoslaves fuyant le communisme.

Lire la suite

Source: Texte tiré de la Revue européenne des migrations internationales vol. 25 – n°1  (2009) Nouvelles migrations chinoises en Afrique et en Amérique latine

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *