ASSOCIATION CULTURELLE WEN FA

B.P 6357 – 98702 FAAA –TAHITI–POLYNÉSIE FRANÇAISE

Tél. 40.82.45.09

HISTORIQUE

L’association WEN FA a été officiellement créée en novembre 1976 par un groupe d’étudiants polynésiens d’origine chinoise. Partant du constat que l’implantation de la Communauté Chinoise remontait à plus d’un siècle et que son intégration dans la Communauté Polynésienne était désormais consacrée par la loi du 9 janvier 1973 (cf. « Les chinois de Tahiti – de l’aversion à l’assimilation – » de Gérald COPPENRATH), ce groupe d’étudiants avaient entrepris quelques travaux de recherche et de réflexion s’intéressant aux sources d’une civilisation et d’une culture dont ils ont reçu en partie l’héritage.

Jusqu’aux années 60, les associations chinoises (essentiellement CHUNG FA FUI KONG

(Association Philanthropique chinoise), KUO MEN TONG (KMT 1) et KUO MIN TANG (KMT 2)) avec leurs écoles respectives fonctionnaient en véritables foyers de culture chinoise.

Elles célébraient ainsi les mariages, les funérailles et les anniversaires « pai su ». Elles organisaient également des manifestations populaires à l’occasion des fêtes chinoises avec des journées sportives et des soirées récréatives et théâtrales animées par l’ensemble des membres. S’y tenaient également les banquets de « ka san / ts’ing ming » (fête des morts) et de  « man nget » (premier mois du bébé).

Pour leur part, les écoles dispensaient un enseignement en Hakka jusqu’au niveau du certificat d’études mais des facteurs d’ordre socio-économique (ouverture à la civilisation occidentale et polynésienne, prééminence du contexte économique, faible niveau de l’enseignement offert dans les écoles, importance et prestige social des diplômes français etc.) devaient contribuer et amener à la désaffection des parents et des enfants vis-à-vis de leurs écoles et par la suite entraîner la baisse de la vitalité des associations.

Selon G. COPPENRATH, en 1951 (introduction du mandarin depuis un an), la fréquentation de l’ensemble des écoles chinoises a chuté à 310 élèves.

En 1964, à la faveur de la reconnaissance de la République Populaire de Chine par le Général de Gaulle, les écoles chinoises furent fermées par l’arrêté du 4 juin, alors qu’elles ne comptaient plus que 200 élèves.

Confrontée à l’évolution accélérée de la société polynésienne, l’animation culturelle chinoise ne pouvait plus se maintenir au sein des associations; par voie de conséquence, les fêtes traditionnelles étaient tombées en désuétude.

Par ailleurs, l’implantation du CEP (Centre d’Expérimentations du Pacifique) qui a joué un rôle de catalyseur dans la désorganisation de la société traditionnelle et notamment des structures familiales allait mettre à jour pour la première fois à Tahiti le décalage culturel latent entre les générations sans langage, ni idéal communs. L’impact moral et social n’était pas moindre dans l’exacerbation d’un affairisme forcené et d’un appétit du gain qui faisaient délaisser les valeurs spirituelles au profit de valeurs matérialistes.

Pour les nouvelles générations, il était devenu essentiel de se trouver une nouvelle identité.                               Dès lors, quelles attitudes pouvaient prendre les polynésiens d’origine chinoise ?

– Une première attitude consistait à refuser toute assimilation et à se développer indépendamment des autres ethnies. C’était de rester chinois pour être chinois. Cette attitude confine à l’utopie. Elle n’était ni réalisable, ni souhaitable pour l’ensemble de la communauté.

– Une deuxième voie pouvait être de s’assimiler totalement en rejetant d’emblée tout ce qui pouvait les différencier des autres groupes, et à se confondre avec ceux-ci, en adoptant systématiquement toutes leurs valeurs culturelles bonnes ou mauvaises. Ce serait perdre toute identité et ne rien apporter à la communauté polynésienne.

– Entre ces deux attitudes extrêmes, il existait une voie plus difficile, sans doute, mais bien plus conforme à la tradition chinoise. Elle consistait à faire la synthèse des trois cultures, c’est-à-dire à prendre ce qu’il y avait de meilleur dans la culture chinoise et à l’assimiler en même temps que le meilleur des cultures tahitienne et française.

Mais, pour être à même de puiser le meilleur d’une culture, il fallait d’abord la connaître.

Pour ce qui concerne la connaissance des cultures tahitienne et française, les structures d’enseignement et de diffusion existaient déjà. S’agissant de la culture chinoise par contre, le cadre était devenu inexistant. L’effort devait donc porter sur la création d’un nouveau cadre mieux adapté :

– Nouveau cadre parce qu’il importait de bien se démarquer des associations existantes les plus anciennes. Il était donc nécessaire de créer une nouvelle association culturelle ;

– Cadre mieux adapté : parce qu’il était fondamental de tenir compte des réalités ; pour cette raison, la nouvelle association se devait d’aborder la culture chinoise par la langue française.

Il était néanmoins certain que ce « retour aux sources » devait être conçu sous la forme d’une participation à l’édification de la nouvelle société polynésienne. Il fallait que la nouvelle association joue un rôle bénéfique pour l’ensemble des habitants de la Polynésie sans distinction de race, ni de confession. Elle devait donc s’efforcer de sauvegarder les valeurs traditionnelles existantes (celles qui valent la peine d’être gardées) et d’en promouvoir de nouvelles (celles qui valaient la peine d’être acquises) pour enrichir le patrimoine culturel de la Polynésie.

C’est dans ce contexte que l’association WEN FA a vu le jour en se fixant notamment les buts suivants :

– offrir à ses membres, par une approche en langue française, un cadre et des moyens pour une meilleure connaissance de la culture et de la civilisation chinoises ;

– assurer la diffusion de la culture chinoise dans ses diverses composantes : littérature, arts, philosophie… y compris les plus prosaïques.

ACTIVITES

– L’association WEN FA a été la première à organiser les festivités du jour de l’an chinois en 1977, dans les jardins de l’OTAC (actuelle maison de la Culture).

– Elle organise des conférences et reçoit régulièrement des personnalités d’horizons divers dans le cadre de déjeuners-débats.


– Avec la participation de toutes ses composantes, elle a réalisé un ouvrage (son ‘’ livre rouge’’) intitulé « Histoire et Portrait de la communauté chinoise de Tahiti »

– Elle mène occasionnellement des actions à caractère éducatif et caritatif : repas du cœur, prix de mandarin…

Récemment, elle a entrepris les actions suivantes :

– Mise à disposition du public à travers un partenariat avec le FARE TAUHITI NUI d’un fonds d’ouvrages portant sur l’histoire, la civilisation, la culture et la pensée chinoises ;

  • Coopération avec l’Université de Polynésie Française dans le cadre de la convention d’échanges signée entre l’UPF et l’Institut de Diplomatie de Beijing ;

– Lancement d’une brochure sur la francisation des noms chinois en Polynésie avec une grille de lecture ;

  • Poursuite de la réflexion sur les cultures polynésienne, française et chinoise dans un esprit d’ouverture, de respect et de tolérance ; l’ambitieux chantier de l’association étant de rechercher les voies d’une convergence harmonieuse des trois ‘’O’’ (Orient, Occident, Océanie) mettant en exergue les valeurs à portée universelle…

Auteurs du livre rouge de l'association Wenfa

Les auteurs en compagnie du reporter – photographeBernard HERMANN :

Louis SHAN SEI FAN, Emmanuel LOU, Guy YEUNG, Jules LEOU THAM, Pierre CHANFOUR, Joseph SIU, Roland LOUIS, Freddy SACAULT

Livre rouge de l'association WenfaMaquette de présentation du livre rouge

« Histoire et portrait de la communauté chinoise de Tahiti »

 

Le Bureau 2016 de l’association

wenfa_caPrésident : Victor LAU,

1er Vice-président : Guy YEUNG,

2ème Vice-président : Freddy SACAULT

Secrétaire : Abner GUILLOUX, 

Trésorier : Charles WONG CHOU

Autres membres: Gabriel BEAUMONT, Stella CHANSIN-WONG, Alphonse CHENE, Irène GIAU-SUIRE, Emile JORDAN, Albert ALINE, Francis LAINE, Christian LAUSAN, Guy LOUSSAN, Louis LOUX, John LAU, René SIENNE, Joseph SIU, Bruno WAN, Jean-François WONG, Clet WONG, Patrick YEUNG

Ont présidé l’association depuis sa création : Emmanuel LOU, Jimmy LY, Victor LAU, Abner GUILLOUX, Guy YEUN